L’enfer des singes
Une fois de plus nous rendons hommage à nos envoyés spéciaux sur le terrain y accomplissant des enquêtes difficiles et peut-être dangereuses… comme nous pouvons le vérifier ici.Ce sont les magnifiques terres oubliées des seigneurs de Périllos qui serviront une fois encore de décor à cette nouvelle investigation.
Un petit rappel de certains faits est toutefois nécessaire avant de plonger dans le vif de ce brûlant sujet d’été. Nous savons tous que ce secteur du Roussillon fut la propriété des nobles familles de Périllos implantées ici depuis les premiers siècles de notre ère. Puis, comme rien de propre ne pousse à l’ombre des grands arbres centenaires il faut, pour que s’écroule leur empire, le lent, insidieux mais irrémédiable travail des envieux charognards à la recherche de nouveaux pouvoir à s’octroyer sur ce superbe pays de Roussillon. Le travail ne pouvant se conduire de front, ou à visage découvert, c’est selon les règles de la fourberie élémentaire comme celles enseignées, avec une rare maîtrise il faut bien l’avouer, sur les bancs de la ‘Buvar et PQchet malfaitor corporation’ que se déroule chaque fois l’histoire du piratage du bien des autres.
Peu à peu, à l’époque du rassemblement du Roussillon à la France, le pouvoir change de main mais pas la valeur des biens de préférence spoliés honteusement. C’est alors, dès les derniers seigneurs de ce secteur partis en exile au-delà des frontières pyrénéennes, la ruée des hordes dévastatrices qui s’abat sur les propriétés à pirater. Dans cette foire d’empoigne de sordides petits malfrats de basse-fosse n’hésitent pas à faire main basse sur tout ce qui peut se négocier ou surtout leur donner l’apparence du pouvoir qu’ils sont bien incapables de détenir ou d’hériter de sang… Ils ne furent rien … eux restés dans leur fanges en compagnie de pitoyables cloportes devenus leurs malodorants complices… rien d’autre que ce peu de chose qu’ils restèrent à jamais.
Ils moururent non pas de leur belle mort mais rongés de maladie infamantes envoyées par le Ciel… ou peut-être poignardés dans le dos par plus lâche et cupide qu’eux, ce qui n’est pas peu dire… Pour certains historiens il serait même question de commerce avec l’ennemi quel qu’il soit, pourvu qu’il se montre généreux envers les traitres exécutés sommairement après les services serviles rendus (« qui a trahit trahira » aurait écrit une main salvatrice sur leur fosse commune). Toujours est-il que l’Histoire, du côté des deux couronnes unanimement inflexibles sur ce genre d’actes, mit un point d’honneur à s’efforcer d’oublier ou effacer (à grand coup de serpillère sale) l’identité de ces laquais de bas étages et de leur cohorte de malfaisants compères.
Et tous de se croire enfin débarrassés de ce genre de putride gangrène… Hélas, un beau matin de ce début de siècle, ressurgit l’ignoble bête spoliatrice et dégoulinante, dont un berger crut reconnaître les immondes borborygmes et flatulences décrites, à voix très basse et les yeux révulsés par la peur, par un de ses siens ancêtres sur son lit de mort. La créature était bel et bien là… dressée sur ses membres inférieurs, certes maladroitement, mais campée tout de même. La bête comme toutes les bêtes était des plus bêtes… Pour s’imposer elle dut chercher un complice… une sorte de fistule anale qui ne cherchait qu’à se faire mousser sans bien en être capable. Le pacte venait de se lier… et, face à cet accouplement contre nature, même le cruel Babaos décidait de prendre la fuite à tire d’ailes devant tant de cupide malfaisance… pendant que quelques voyageurs venus de dimensions lointaines passaient, sur le plateau de Salveterra, sans s’arrêter en bondissants vite et furieusement de crainte de rencontrer les duettistes de tripot au coin d’une ruine.
C’est depuis lors qu’un usurpateur tente de se faire passer pour ce qu’il n’est pas du tout, et ne sera jamais… un descendant d’une haute noblesse locale… qui pour faire bonne mesure prétend détenir un secret qui n’est autre que celui du contenu de la grotte au râteau divin… dont le dégoutant détail est donné dans un de nos encarts présentés sur ce site.
C’est dans ce décor, à la fois dressé dans une formidable nature et dans le sordide fait de société pourri, que s’est déroulé cette enquête des plus délicates.
Nos reporters, donc, suivant à l’odeur le marquis d’Opoupoul finirent par comprendre qu’un évènement se préparait dans les immondes toilettes du sanctuaire secret frappé du sceau du grand archéologique râteau divin. En effet de ce cloaque sortait d’étendre cris d’apparence inhumaine.
Certes, le cocasse faux nobliau d’opérette se rendait toujours par de nombreux détours jusqu’à son lieux d’aisance… surtout les jours de cassoulet. Cependant son inséparable râteau restait prudemment rangé par ailleurs, sans doute en raison de la magistrale gamelle prise lors d’une entrée précipité du Polichinelle comme nous l’avons suivi dans l’épisode précédent…
Si le secteur restait calme, certains bruits provenant de l’intérieur de la malodorante cavité, effectivement, retenaient toute l’attention de nos hommes sur le terrain.C’est alors que nous recevions, secrètement bien entendu, le compte rendu de notre équipe sur le terrain… que nous vous délivrons maintenant sommairement pour épargner aux âmes sensibles certains détails bien peu ragoutants.
C’est après plusieurs jours de planque que la situation commençait à bouger vers le sanctuaire secret de la grotte du râteau sacré. Le comportement du bouffi marquis semblait plus… léger que d’habitude… Il arrivait même à sortir de son abominable goguenot les culottes sur les chevilles et en se grattant impudiquement le postérieur. Nous étions avertis de l’imminence de l’affligeant spectacle par la fuite épouvantée de tous les animaux dont l’instant les prévenait, avant nous, de l’arrivée des horreurs. Certaines de ces pauvres bêtes venaient jusqu’à tenter de se terrer derrières nos abris invisibles par le despote de service. Il est vrai que le spectacle avait de quoi terroriser n’importe quel monstre ou tyran sanguinaire… au point que nous-mêmes préférions laisser enclencher la caméra automatique plutôt que de nous risquer à de graves séquelles oculaires. L’inquiétant silence animal, que seul perturbait un vent hésitant, accentuait d’autant plus le moment d’épouvante. Notre aristocrate de pacotille, lui, semblait se sentir de plus en plus guilleret dans cette ambiance qu’il empestait de toutes ses forces. Nous observions, de loin, que le râteau magique prudemment posé hors de portée de l’entrée était parfois remplacé par une sorte de fouet de coche, un filet de gladiateur et un collier prolongé d’une longe. Ceci n’avait, pour nous, rien de bien étonnant depuis que nous avions reçu un fichier d’informations (sans nom, lieu ni date mais portant la mention « copie conforme et secrète envoyée aux AD des PO »), nous signalant les penchants quelque peu dépravés de notre père Ubu de service.
C’est alors que l’incroyable eu lieu… après quelques cris stridents, pouvant sortir d’un documentaire sur ‘Tarzan fils de la Jungle’ (tout est relatif car en guise de Tarzan l’être court sur pattes et obèse à l’extrême n’avait vraiment rien de très ressemblant avec Johnny Weissmuller), notre marquis, avec un béat sourire de crétin, se trouva face à une créature se déplaçant par bonds malhabiles autour de l’entrée du ‘cabinet des tartarinesques petites horreurs’…Oui… indiscutablement nous étions en présence d’une créature étrange sur laquelle nous pouvons émettre quelques hypothèses que nous livrons tout de go.
-Tout d’abord nous avons émis la possibilité qu’il puisse s’agir d’un de ces petits personnages surgis de dimensions spacio-temporelles inconnues, venant s’égarer sur une hauteur désertique proche du théâtre des burlesques exploits de notre pitoyable personnage. Il est vrai que la solution est tentante de très loin car, bien que la créature soit courtaude, lourde et assez grotesque, elle se déplace d’un point à un autre par bonds hésitants et pitoyables… Cependant son aspect ne peut correspondre à celui fait par de rares témoignages de faits bien réels eux au moins.
-Ensuite vint tout naturellement la présomption que ce put être un marsupilami tout droit échappé des BD d’André Franquin… Certes la chose est petite, simiesque et assez bestiale… mais le marsupilami est sympathique en opposition à l’être que nous voyons… De plus nous ne pouvons identifier comme « houba-houba » les cris stridents que nous entendons… et puis il manque la queue très longue qui ne peut être identifié même de loin, dans la brume et après l’ingestion de forces doses du jaja local, au râteau même s’il est peint en jaune et noir. De toute façon il faudrait qu’alors le divin instrument archéologique soit planté d’une telle façon dans la créature que nous n’osons le préciser ici… Encore que de source anonyme (hélas, trois fois hélas) on nous ait suggéré que ce n’aurait pas été pour déplaire aux deux lascars riant grassement à cette idée dégoutante.
-Il reste enfin une envisageable troisième solution… Ce serait celle d’un singe macaque pouvant avoir pris la fuite d’un parc animalier de la région… ou d’un cirque. Les cris peuvent en ce cas ressembler aux glapissements de la créature semblant répondre à ceux du marquis d’Opoupoul montrant par là une inégalable virtuosité à l’imitation du langage des singes macaques… ce dont nous ne doutions pas une seconde.Si, certes l’hypothèse est jouable il faut cependant ajouter qu’en ce cas il ne peut, en apparence, s’agir que d’une femelle. En effet, on constate effectivement, avec des jumelles, que l’animal est dépourvu de ses attributs masculins. Ce serait donc une guenon… à moins qu’une fois encore le maniement effréné du râteau archéologique n’ait occasionné d’irrémédiables dégâts, et que ce soit à l’origine d’un mâle qu’il se soit agit. La pauvre bête se serait malencontreusement trouvé sur la trajectoire dévastatrice… ou plutôt castratrice devrions nous dire. Ceci expliquerait la confusion entre mâle et femelle…
Toujours est-il qu’on reste encore perplexe sur l’air satisfait, repu, du marquis d’Opoupoul au moment où il sort parfois de sa grotte-cabinet. On note, à ce propos, que peu avant on entend la pauvre créature pousser des cris douloureux… dont l’origine et la raison nous font froid dans le dos si on tente de comprendre la scène scabreuse facile à imaginer. La longe, le collier et le filet de gladiateur rétiaire s’expliquerait dans des pratiques que nous ne saurions cautionner le moins du monde et même vertement réprouver… Il fallait bien que ça arrive, hélas un jour ou l’autre, à notre sordide hobereau à force de se croire maître de la nature périllossienne qui pourtant n’a rien d’une jungle…
On imagine ce que pourrait penser, s’il vient à l’apprendre, ce pauvre Cheetah, compagnon respecté (lui au moins !) deTarzan (Johnny Weismuller) qui eut, il y a peu de temps, 75 ans bien sonnés. Devenu le plus vieux chimpanzé du monde il coule des jours heureux, et sans douleur loin de la turpitude opoupoulienne, à Palm Springs, dans un centre pour singes âgés. Au moins celui-ci, l’horrible père Ubu d’opérettes ne lui fera pas subir de possibles derniers outrages…Ici s’achève le Compte rendu reçu dans un colis caché dans le manche d’un râteau cosmique afin de ne pas être trouvé par les AD des PO. Depuis nous n’avons plus de nouvelles de notre équipe et nous commençons à éprouver un peu d’inquiétude. Celle-ci semble bien motivée, car sur le film reçu aussi anonymement par chasseur spécial on voit très bien la créature, tenue en laisse, courant après nos enquêteurs en glapissant de rage. Un autre film, celui-ci hélas intercepté par les habituels services de piratage de la Buvar et PQchet (ça n’en fait qu’un de plus !!), montre les brutaux exercices de dressage dont nous ne pouvons accepter de parler ici plus longuement (il semblerait qu’un site n’ayant pas compris la gravité des scènes de maltraitance sur animaux en voie de disparition et donc sévèrement protégés… en fasse l’étalage. Il est prudent de ne pas laisser un jeune public regarder ces scènes indignes).
Enfin… nous formons des vœux pour que nos chercheurs échappent au père Ubu et son macaque furieux d’avoir été tous deux découverts dans leurs turpitudes innommables.Dernière minute
Nous vous informons qu’une nouvelle paire de roubignolles a été signalée comme perdues au centre du RDEEP (recherches des éléments émasculés perdus). Un site montre, en forme de message de recherche, ces attributs masculins pudiquement dissimulés sous la forme de deux minuscules petits fruits rougeâtres… On nous demande de ne pas les prendre pour ceux, encore activement recherchés par le pauvre partenaire, de la Buvar et PQchet, horriblement émasculé lors de la mémorable démonstration de râteau, ni de les envoyer au AD des PO (qui en ont rien à faire en période de congés!). Il ne faut pas non les consommer… et encore moins les envoyer à la première victime qui aurait l’air fin (sous l’hilarité générale) avec une greffe de pendeloques de macaques (encore qu’au point où il en est !)… mais au zoo le plus proche.
L’envoi en ce cas se fait avec les emballages payant, mis gracieusement à la disposition de tous, sans trace extérieur d’expéditeur, d’adresse ni de date. En ce cas en envoyer tout de même une copie sur CD aux AD… à vos risque et périls car le retour est furieux ; parait-il.Nous apprenons de même source, et par un expert en manuscrit (???), que la SPA est informée, par un appel téléphonique anonyme, pour maltraitance d’un singe macaque… Cette information serait également transmise à certains services psychiatriques spécialisés et à une brigade volante, ayant ordre de tirer à vue et sans somation, de recherche d’abrutis s’adonnant à certains excès de dressage zoophilique en zone opoupoulienne.
Mais comme tout ceci est secret et anonyme nous ne pouvons en garantir la teneur ou la véracité…et en déclinons toute responsabilité… mais à bien y réfléchir… nous avons de quoi nous poser bien des questions.
Il est également recommandé de ne pas circuler avec des enfants en bas âge dans ces secteurs tant que les deux suspects ne sont pas mis hors de nuire.
samedi 7 janvier 2012
L'enfer des singes
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